Un coup de coeur de bibliothécaire

Posté le Mercredi, 9 mai 2018 -

image Un coup de coeur de bibliothécaire

PaléoArt, de Zoé Lescaze

 

Ce bel opuscule d’art revient sur plus de 100 ans de peintures dinosauriennes, depuis la fameuse aquarelle Duria Antiquor (Henry Thomas de la Beche, 1830) qui marque la première apparition d’une représentation d’un monde sans l’homme en passant par la percée monumentale du peintre animalier Charles R. Knight (1874-1953) qui, à la fin du XIXe, passera de monstres reptiliens aux corps mous et aux attitudes pataudes à des créatures véloces, empruntant beaucoup aux oiseaux dans leurs représentations.

 

Car la représentation de la préhistoire a suivi une trajectoire similaire à l’art populaire, évoluant sur la corde raide entre noblesse de la pratique et préoccupation politique bien éloignées de la recherche de vérité et de beauté. Ainsi les scènes de combat entre le plésiosaure et le tylosaure ont-elles été des allégories guerrières des conflits qui ont déchiré l’Angleterre et la France tandis que l’origine reptilienne des dinosaures servait la cause de ceux qui s’opposaient à la naissante théorie darwinienne.

 

Si le récit de Zoé Lescaze ne s’intéresse pas aux dernières mutations de l’anatomie des créatures préhistoriques, il nous permet néanmoins de contempler aux longs de planches de toutes beauté l’alliance de la science et de l’imagination – une véritable science-fiction picturale – en mutation constante aux cours des décennies, tandis que défilent les biographies d’artistes et de savants hauts en couleurs : un peintre aveugle, des scientifiques plus adeptes du colt et de la dynamite que du microscope ou un résistant français rêvant de ptérodactyles aux ailes de chauve-souris, s’envolant dans un crépuscule cramoisi…

 

Un indispensable pour ceux et celles qui s’intéressent autant à l’art qu’à la paléontologie.